L’amortissement variable (ou l’amortissement par unités d’oeuvre)

En comptabilité, aucune méthode d’amortissement n’est interdite. Une entreprise peut faire le choix d’amortir ses biens selon des modes traditionnels (linéaire ou dégressif). Mais elle peut également opter pour un amortissement variable, également appelé l’amortissement sur la base des unités d’oeuvre. Compta-Facile présente cette méthode d’amortissement en répondant à différentes questions :

amortissement variable

Qu’est-ce que l’amortissement variable ?

L’amortissement variable consiste à calculer la perte de valeur d’un bien en fonction des conditions prévues de son exploitation. Autrement dit, il lisse la valeur d’un bien sur le même rythme que celui de la consommation des avantages économiques qu’il procure à l’entreprise.

Les annuités d’amortissement peuvent donc varier d’une année sur l’autre, notamment lorsque des phases d’utilisation intensives alternent avec des périodes moins denses.


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Comment calculer un amortissement par unités d’oeuvre ?

Déterminer la nature de l’unité d’oeuvre

Il convient tout d’abord d’identifier, pour chaque bien amorti selon ce mode, la nature de l’unité d’oeuvre. Il peut s’agir d’une unité de temps (nombre d’heures d’utilisation), d’une unité de mesure (mètres ou kilomètres), d’une unité quantitative (nombre de pièces fabriquées), etc. Quoiqu’il en soit, elle doit refléter au mieux le rythme de consommation des avantages économiques attendus par l’entreprise.

Planifier le rythme de consommation des avantages économiques

Ensuite, il convient de déterminer le nombre d’unités d’oeuvre consommées. Ce travail doit se faire au titre de chaque année (exercice comptable), et également au global c’est-à-dire jusqu’au terme de son utilisation par l’entreprise.

Calculer l’annuité d’amortissement variable

Enfin, le montant de l’amortissement à pratiquer chaque année s’obtient en multipliant la base amortissable par le nombre d’unités d’oeuvre consommées, et en divisant le tout par le nombre d’unités d’oeuvre total.

Annuité d’amortissement variable = Base amortissable × Unités d’oeuvre consommées ⁄ Unités d’oeuvre totales

La base amortissable doit tenir compte, le cas échéant, de la valeur résiduelle.

Exemple de calcul d’amortissement variable

Une entreprise achète une machine le 1er janvier N pour 50 000 euros hors taxes. Elle va l’utiliser pendant 5 ans et envisage de produire 50 000 pièces selon le rythme suivant :

  • 5 000 en première année
  • 5 000 en deuxième année
  • 10 000 en troisième année
  • 15 000 en quatrième année
  • 15 000 en cinquième année

Voici le détail des amortissements pratiqués chaque année :

Année Amortissements Détail du calcul
1 5 000 50 000 × 5 000 ⁄ 50 000
2 5 000 50 000 × 5 000 ⁄ 50 000
3 10 000 50 000 × 10 000 ⁄ 50 000
4 15 000 50 000 × 15 000 ⁄ 50 000
5 15 000 50 000 × 15 000 ⁄ 50 000

L’amortissement par unités d’oeuvre est-il autorisé en fiscalité ?

La doctrine fiscale autorise le recours à l’amortissement variable mais uniquement dans des cas bien précis (moules conçus spécialement pour exécuter un marché ou matériels spéciaux pour l’exécution de commande « off shore »). Peu d’entreprises répondent à ces conditions. De ce fait, l’amortissement par unités d’oeuvre étant autorisé en comptabilité, des retraitements fiscaux doivent être appliqués :

  • Lorsque l’amortissement comptable est inférieur à l’amortissement minimum linéaire : l’entreprise doit comptabiliser un amortissement dérogatoire ;
  • Dans le cas contraire (amortissement comptable > amortissement linéaire) : l’entreprise doit réintégrer une quote-part d’amortissements excédentaires.

Reprenons l’exemple ci-dessus et effectuons les régularisations « fiscales » :

Année Amortissements variables Amortissements linéaires Amortissements dérogatoires Retraitements extra-comptables Amortissements déduits
1 5 000 10 000 5 000 0 10 000
2 5 000 10 000 5 000 0 20 000
3 10 000 10 000 0 0 30 000
4 15 000 10 000 (5 000) 0 40 000
5 15 000 10 000 (5 000) 0 50 000

Comment présenter un tableau d’amortissement variable ?

Un plan d’amortissement variable comprend généralement les informations variables :

  • La date d’acquisition du bien,
  • L’exercice comptable (date de début et date de fin),
  • L’annuité d’amortissement variable,
  • Le montant de l’amortissement minimal (calculé selon le mode linéaire),
  • Le montant des amortissement dérogatoires (dotation ou réintégration),
  • Les retraitements extra-comptables (déduction ou réintégration).

A lire également sur les amortissements :

Conclusion : l’amortissement variable est peu rencontré en pratique. Pourtant, il constitue généralement le mode d’amortissement le plus adapté pour certains biens (machines, matériels, véhicules…). Il donne lieu à des retraitements fiscaux.

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A propos de Thibaut Clermont

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Thibaut CLERMONT, mémorialiste en expertise-comptable et fondateur de Compta-Facile, site d'information sur la comptabilité.

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