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Les charges décaissables et non décaissables : définition, distinction et utilité

En comptabilité, la plupart des charges qui figurent dans un compte de résultat donnent lieu à une sortie de trésorerie. Mais ce n’est pas toujours le cas. En effet, certaines charges, appelées des charges calculées, ne sont pas décaissables et n’occasionneront donc aucun transfert de fonds. Compta-Facile vous les présentent ici en donnant une définition de chaque typologie de charges et en indiquant pourquoi il est important de savoir les distinguer.

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Charges décaissables vs charges non décaissables : comment les distinguer ?

Qu’est-ce qu’une charge décaissable ?

Par définition, une charge décaissable est une charge du compte de résultat (plus particulièrement un compte de la classe 6 « Charges » du compte de résultat) qui occasionne une sortie d’argent. Le flux de trésorerie qu’elle génère vient ainsi diminuer la trésorerie de l’entreprise. Ce flux peut concerner des fournisseurs, des salariés, des organismes sociaux, des organismes fiscaux, des associés, des établissements bancaires, etc.

En comptabilité, la plupart des charges sont décaissables. Tel est le cas, notamment :

  • Des achats de matières premières, fournitures consommables et marchandises (comptes 60) ;
  • Des services extérieures (comptes 61 et 62 : honoraires, frais de télécommunication, documentation, frais postaux, primes d’assurance, etc.) ;
  • Des impôts et taxes (comptes 63 : taxes sur les véhicules de tourisme, impôt sur les bénéfices, taxe d’apprentissage, formation professionnelle, etc.) ;
  • Des salaires et charges sociales (comptes 64);
  • Des autres charges de gestion (comptes 65).

Qu’est-ce qu’une charge non décaissable ?

A l’inverse, une charge non décaissable est, par définition, une charge calculée (généralement en l’application de principes comptables) et qui ne donne lieu à aucune sortie d’argent, c’est-à-dire à aucun décaissement. Elle n’aura donc aucun impact sur la trésorerie mais entraînera tout de même une diminution du résultat net comptable.

En comptabilité, ces charges ne sont pas prépondérantes. Il s’agit essentiellement :

  • Des dotations aux amortissements sur immobilisations corporelles et incorporelles (comptes 6811, 6861 et 6871) ;
  • Des dotations aux amortissements dérogatoires (compte 68725) ;
  • Des dotations aux dépréciations des immobilisations, des stocks ou des créances (comptes 6816, 6817, 6866 et 6876) ;
  • Des dotations aux provisions pour risques et charges (comptes 6815, 6865 et 6875) ;
  • Des dotations aux provisions réglementées (compte 6873) ;
  • Des valeurs nettes comptables d’éléments d’actif cédés (compte 675).

Les dotations aux amortissements représentent la perte de valeur d’un investissement en raison de son utilisation, de l’obsolescence ou tout simplement du temps qui passe. Les dotations aux dépréciation ont pour objectif de quantifier, dans la mesure du possible, la perte de valeur d’un actif encore détenu par l’entreprise. Enfin, les dotations aux provisions prévoient la couverture d’une charge potentielle consécutive à un risque identifié.

Charges décaissables vs charges calculées : pourquoi les différencier ?

Lors de l’établissement d’un budget de trésorerie

Différencier les charges décaissables des charges calculées est essentiel, et ce avant même le commencement de l’activité, lors de l’élaboration du prévisionnel financier (c’est-à-dire la partie financière du business plan). En effet, lorsque le porteur de projet a établi son compte de résultat prévisionnel et qu’il se lance dans la construction de son budget de trésorerie, il doit savoir les distinguer.

Par la suite, cette capacité doit toujours être maîtrisée. En effet, tout au long de la vie de l’entreprise, des prévisions peuvent être établies et il est primordial de savoir identifier les charges qui donneront lieu à un décaissement des autres charges. Les charges non décaissables justifient, en partie, la différence entre le résultat et la trésorerie d’une entreprise.

Lors du calcul d’indicateurs financiers

La distinction charges décaissables / charges calculées est importante lorsque l’on calcule des ratios financiers ou des indicateurs comme, par exemple, la capacité d’autofinancement, un cash flow… Dans ces indicateurs, les charges non décaissables sont retraitées, c’est-à-dire qu’elles sont réintégrées lorsqu’elles sont déjà prises en compte dans la donnée de départ du calcul.

Plus globalement, dès qu’un flux de trésorerie est calculé, seules les charges décaissables doivent être prises en compte.

Conclusion : les charges décaissables sont des charges qui donnent lieu à un flux effectif (sortie de trésorerie) tandis que les charges non décaissables sont celles qui n’occasionnent aucun flux.

A propos de Thibaut Clermont

Thibaut Clermont
Thibaut CLERMONT, mémorialiste en expertise-comptable et webmaster de Compta-Facile, site d'information sur la comptabilité rattaché au réseau FCIC-MEDIA.

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