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Construire un tableau d’amortissement dégressif

Comment faire un tableau d’amortissement d’immobilisation selon le mode dégressif en comptabilité ? Compta-Facile vous aide à construire un tableau d’amortissement dégressif (également appelé plan d’amortissement).

construire un tableau d'amortissement dégressif

Règles générales sur l’amortissement dégressif fiscal

Application de l’amortissement dégressif fiscal

L’amortissement dégressif constitue un cadeau fiscal concédé par l’administration aux entreprises. Il permet d’amortir fortement un bien en début d’utilisation.

La pratique d’un amortissement dégressif n’est toléré que pour les biens non usagés au moment de leur acquisition pour lesquels la durée normale d’utilisation est d’au moins 3 ans.

Montant de l’amortissement dégressif fiscal

Amortissement dégressif = Valeur Résiduelle du bien x Taux d’amortissement linéaire x coefficient fiscal

Avec :

Valeur Résiduelle = Valeur brute – amortissements pratiqués

Coefficient fiscal = 1,25 pour les biens amortissables sur 3 ou 4 ans, 1,75 pour les biens amortissables sur 5 ou 6 ans et 2,25 pour les biens amortissables sur plus de 6 ans.

Attention, lorsque l’annuité dégressive devient inférieure à l’annuité correspondant au quotient de la valeur résiduelle par le nombre d’années restant à courir à compter de l’ouverture de l’exercice, l’entreprise applique un amortissement égal à cette dernière annuité linéaire.

Date de départ de l’amortissement dégressif fiscal

L’amortissement dégressif se calcule, en comptabilité, à compter de la date de mise en service du bien.

Fiscalement, la première annuité est calculée comme si le bien avait été acquis au premier jour du mois de son acquisition. De même, pour le calcul de la durée totale d’amortissement, l’exercice d’acquisition est décompté pour une année entière, même si l’acquisition a lieu en cours d’exercice.

Amortissement dégressif fiscal et amortissement dérogatoire

En comptabilité, l’amortissement dégressif n’est généralement pas justifié (peu de biens sont utilisés de cette façon). En théorie, le surplus d’amortissement résultant de l’application du mode dégressif doit obligatoirement être comptabilisé en amortissements dérogatoires. Dès que l’annuité dégressive devient inférieure à l’annuité linéaire, les amortissements dérogatoires sont repris pour la différence.

Cette mesure comptable ne s’applique pas aux entreprises répondant aux conditions de la PME : elles n’ont pas à effectuer l’éclatement entre amortissements comptables et suppléments d’amortissement fiscaux liés au mode dégressif. Par conséquent, l’amortissement dégressif fait l’objet d’une dotation unique.

Les entreprises concernées par cette exemption sont les PME qui ne dépassent pas deux des trois seuils suivants :

  • Total bilan ≤ 3 650 000 € (dorénavant fixé à 4 000 000 €),
  • Chiffre d’affaires hors taxes ≤ 7 300 000 € (dorénavant fixé à 8 000 000 €),
  • Et salariés ≤ 50.

Exemple de calcul et de tableau d’amortissement dégressif fiscal

Une entreprise achète le 15 juin N du matériel industriel pour 50 000 euros. Elle souhaite l’amortir selon le mode dégressif pour une durée de 5 années. Elle clôture son exercice comptable sur l’année civile.

Voici le plan d’amortissement de l’immobilisation amortie selon le mode dégressif :

Année Base à amortir Amort. dégressif Cumul Valeur résiduelle Taux amort.linéaire Amort.linéaire théoriques Amort.dérogatoires
N 50 000 10 208 10 208 39 792 20% 5 444 4 764
N+1 39 792 13 927 24 135 25 865 25% 10 000 3 927
N+2 25 865 9 053 33 188 16 812 33% 10 000 -947
N+3 16 812 8 406 41 594 8 406 50% 10 000 -1 594
N+4 16 812 8 406 50 000 0 100% 10 000 -1 594
N+5 0 0 50 000 0 4 556 -4 556

Si l’entreprise répond aux conditions de la PME, elle pourra comptabiliser une dotation unique (10 208 en N, 13 927 en N+1, 9 053 en N+2 et 8 406 en N+3 et N+4). Dans le cas contraire, elle devra comptabiliser :

  • d’une part, la fraction des amortissements correspondant à un amortissement linéaire
  • d’autre part, le surplus en amortissement dérogatoire

Lorsque l’amortissement dégressif devient inférieur à l’amortissement linéaire, elle devra procéder à une reprise des amortissements dérogatoires (signe « – » de la colonne « Amort.dérogatoire » de notre tableau).

Pour aller plus loin :

Conclusion : construire un tableau d’amortissement dégressif nécessite de réunir différentes données, dont la durée d’amortissement, le coefficient fiscal et la valeur résiduelle de l’immobilisation amortie. Une comparaison doit être effectuée avec le mode linéaire afin de constater, pour les grandes entreprises, des amortissements dérogatoires. Ce suivi pourra notamment être effectué via un logiciel de gestion des immobilisations.

A propos de Thibaut Clermont

Thibaut Clermont

Thibaut CLERMONT, mémorialiste en expertise-comptable et webmaster de Compta-Facile, site d’information sur la comptabilité rattaché au réseau FCIC-MEDIA.

18 commentaires

  1. Bonjour Monsieur Clermont,

    Je tiens à vous remercier pour la qualité de vos articles. La compréhension est accessible car bien expliquée.
    J’ai une question sur le tableau d’amortissement dégressif. Il me semble qu’on doit prendre le 1er jour jour du mois d’acquisition pour le calcul et je trouve donc (50000/5)×8/12×1,75=11666,67 euros au lieu de 10208 (dans votre calcul, vous avez pris donc comme mois d’acquisition le 1er jour du mois suivant l’acquisition soit (50 000/5)×7/12*1,75=10208). Pourriez-vous me donner des explications ?
    En vous remerciant par avance
    Anne H.

    • Thibaut Clermont

      Bonjour Madame,
      Merci pour vos encouragements. Dans l’exemple cité, j’ai effectivement utilisé le prorata 7/12 mais celui-ci est correcte étant donné que l’immobilisation a été acquises le 15/06/N. Le point de départ des amortissements dégressifs est donc fixé au 01/06/N soit 7 mois d’amortissement pour la 1ère année (juin, juillet, août, septembre, octobre, novembre et décembre).
      En espérant avoir répondu à votre question, cordialement, Thibaut CLERMONT.

  2. Bonjour Monsieur Clermont,
    Vous avez bien raison ! C’est, on ne peut, plus clair.
    Je ne sais plus pourquoi j’ai trouvé 8 mois au lieu de 7.
    Avec tous mes remerciements
    Cordialement
    Anne H.

  3. Bonjour Monsieur,
    Je ne comprends pas pourquoi en première ligne l’amortissement linéaire théorique est 5.444 €.
    Pour le calculer, j’aurais fait : 50 000 / 5 * 6,5/12 = 5833 amorti donc sur 5 ans considérant que le 15 juin le matériel est mis en service.
    Comment faites-vous pour trouver 5.444€ ?
    Merci d’avance,
    Cordialement,
    Eva.

    • Thibaut Clermont

      Bonjour,
      En faisant votre calcul, je trouve la somme de 5.417 euros (ce qui est à peu près l’équivalent de la mienne).
      Le détail de mon calcul est le suivant : 50.000 x (1/5) x [(30-15+1+30+30+30+30+30+30)/360] = 5.444 euros.
      Bon après-midi. Cordialement, Thibaut CLEMRONT.

  4. Bonjour Monsieur Clermont,
    D’abord merci pour la clarté de vos interventions. Je viens de prendre la tête d’une entreprise et j’ai demandé un inventaire des immobilisations. L’inventaire a relevé que bon nombre de matériels inscrits dans la base compta de l’entreprise sont absents (disparition) ou obsolète (hors service).
    Comment dois-je traiter ces cas ?

    • Thibaut Clermont

      Bonjour,
      Tout d’abord, vous devez essayer d’analyser les motifs des disparitions (il y a peut être une faille dans votre contrôle interne). Pour les immobilisations qui ont disparu, vous devez les sortir pour cause de vol (je vous conseille d’aller déposer plainte pour prouver la mise au rebut si l’élément a une valeur significative). Pour les immobilisations hors services qui ne sont pas réparables mais qui sont toujours physiquement présentes dans l’entreprise, vous pouvez pratiquer un amortissement exceptionnel (vous ne pouvez pas les sortir du bilan).
      Bonne journée. Cordialement, Thibaut CLERMONT.

  5. Bonjour
    Dans le tableau d’amortissement dégressif, à l’année N+4, la base à amortir est 16 812€.
    Ne serait-ce pas plutôt 8 406€ ?

    Cordialement

    • Thibaut Clermont

      Bonjour,
      Non, il s’agit bien de 16 812 euros. A partir de l’année N+3, le plan d’amortissement bascule en mode « linéaire » au lieu du mode « dégressif ». La base amortissable est donc bien la valeur résiduelle.
      Bonne journée. Cordialement, Thibaut CLERMONT.

  6. Bonjour,
    Je ne comprends pas comment vous êtes parvenus à trouver l’annuité dégressive de l’année n + 1 ?
    Merci.

  7. Bonjour Monsieur Clermont,
    Pourriez vous m’expliquer comment ont été calculés les taux d’amortissement que vous reportez dans le tableau ( 20 – 25 – 33 – 50 – 100 % ).
    Avec mes remerciements.
    Bien cordialement
    Nathalie

    • Thibaut Clermont

      Bonjour,
      A chaque fois, les taux d’amortissement sont calculés comme suit : 1 / nombre d’années restant pour amortir le bien.
      Par exemple, pour N+1 : 1 / 4 = 25%.
      Cordialement, Thibaut CLERMONT.

  8. Bonjour,
    Je ne comprends pas comment vous avez trouvé la première annuité.
    Moi j’aurais fait : 50.000 * ( 1,75 * 20% ) * 6/12
    Merci.

    • Thibaut Clermont

      Bonsoir,
      Pour le calcul de la 1ère annuité d’amortissement selon le mode dégressif, il convient d’utiliser le prorata 7/12 (en fiscalité, l’immobilisation est amortie, dans ce cas particulier, dès le 1er jour du mois d’acquisition, peu importe que la mise en service soit intervenue postérieurement).
      Bonne soirée. Cordialement, Thibaut CLERMONT.

  9. Bonjour,

    Vous dites qu’à partir de l’année N+3, le plan d’amortissement bascule en mode « linéaire » au lieu du mode « dégressif ». La base amortissable est donc bien la valeur résiduelle. La valeur résiduelle en N+3 est de 8 406 euros ; or, dans le tableau d’amortissement dégressif (année N+4), vous avez mis 16 812 comme base à amortir.

    Ne serait-ce pas plutôt 8 406 ?

    Cordialement

    • Thibaut Clermont

      Bonjour,
      Dans le tableau d’amortissement dégressif proposé, la valeur résiduelle devant être amortie sur le nombre d’années restant est bien 16 812 euros. En réalité, dans le tableau, l’année « N+3 » correspond à la 4ème année d’amortissement. La valeur nette comptable à retenir est bien celle figurant à la fin de l’année N+2 (25 865 – 9 053). Cette valeur est répartie sur les années restantes ; étant précisé ici que l’exercice d’acquisition compte pour une année entière, même si l’acquisition a lieu en cours d’exercice. Il ne reste donc que deux années d’amortissement en N+3 et N+4 alors même que le bien aurait dû être amorti pour partie en N+5 si le mode linéaire avait été choisi).
      Cordialement, Thibaut CLERMONT.

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