Vous êtes ici : Accueil » Business plan » Prévisionnel financier » Plan de financement prévisionnel : définition, contenu et construction

Plan de financement prévisionnel : définition, contenu et construction

Le plan de financement prévisionnel est l’un des tableaux cruciaux du prévisionnel financier. Il permet de s’assurer de l’équilibre financier d’un projet en récapitulant, d’une part, l’ensemble des besoins financiers du projet à satisfaire et, d’autre part, les ressources apportées. C’est une composante qui sera étudiée avec attention par votre banquier si vous sollicitez un financement par emprunt. Compta-Facile apporte ici les réponses aux questions suivantes : qu’est-ce qu’un plan de financement prévisionnel ? Quel est son contenu ? Comment l’établir ? Un exemple de plan de financement prévisionnel est inséré en fin d’article.

plan de financement prévisionnel

Qu’est-ce qu’un plan de financement prévisionnel ?

Le plan de financement prévisionnel est un tableau qui permet de s’assurer de l’équilibre financier d’un projet, autrement dit de l’adéquation entre les besoins qu’il génère et les ressources que l’entreprise détient à sa disposition. L’excédent des ressources sur les besoins contribuera à former la trésorerie disponible.

En général, les banques se basent sur cet état pour calculer l’emprunt accordé au porteur de projet. Une attention particulière doit être apportée à toutes les données qui y figurent, d’autant plus s’agissant du besoin en fonds de roulement, variable trop souvent négligée par le créateur.

Comment construire un plan de financement prévisionnel

Identifier les besoins dans un plan de financement prévisionnel

Les besoins de financement sont constitués par toutes les sommes « décaissées » par l’entreprise et notamment par les immobilisations, les remboursements d’emprunt, les remboursements de comptes courants d’associés et la variation du besoin en fonds de roulement.

Les immobilisations

Une immobilisation est un bien durable, nécessaire à l’activité, que l’entreprise achète et qu’elle va conserver plus de douze mois. Il existe trois sortes d’immobilisations :

  • les immobilisations incorporelles : Il s’agit principalement des frais d’établissement (honoraires liés à la création, frais de publicité), des frais de recherche et développement, des concessions, des marques, des brevets, du fonds de commerce, du droit au bail etc.
  • les immobilisations corporelles : Ils sont constitués par l’ensemble des matériels et des outils de l’entreprise et notamment le matériel industriel, le matériel informatique, les terrains, les constructions, les agencements, le mobilier et les véhicules dont l’entreprise est propriétaire
  • les immobilisations financières : Cette catégorie englobe notamment les dépôts de garantie et les cautions (versés dans le cadre d’un bail commercial par exemple)

Ces investissements doivent être portés dans le tableau de financement pour leur montant hors taxes si l’entreprise peut récupérer la TVA qui les grève (sinon, il faut retenir le montant TTC).

La variation du besoin en fonds de roulement (BFR)

Le besoin en fonds de roulement est un indicateur financier chiffrant le besoin financier résultant du décalage des flux de trésorerie correspondant aux décaissements et aux encaissements. Pour certaines activités, ce besoin peut se transformer en ressource en fonds de roulement (tel peut être le cas, par exemple, pour les activités pour lesquelles le client paie comptant et les fournisseurs sont payés à 30 jours).

Les variables essentielles permettant de calculer BFR sont :

  • le délai de rotation des stocks,
  • le délai de paiement des clients,
  • et le délai de règlement des fournisseurs.
BFR = stocks + encours créances clients – encours dettes fournisseurs

Précision :c’est la variation du BFR d’une période sur l’autre qui doit être reprise dans le plan de financement prévisionnel et non le BFR en tant que tel.

Les remboursements d’emprunts et de comptes courants d’associés

Tous les remboursements de comptes courants d’associés ou d’emprunt (uniquement pour la fraction « remboursement de capital » c’est-à-dire hors intérêts et assurance) doivent figurer dans la catégorie « besoins » du plan de financement prévisionnel.

Les distributions de dividendes

A l’issue de la clôture de chaque exercice prévisionnel, un bénéfice comptable peut apparaître. Les associés ont la faculté de le distribuer en tout ou partie sous forme de dividendes. Dans ce cas, ces distributions doivent être intégrées dans les besoins financiers du projet.

En pratique, il est très rare de les incorporer au plan de financement prévisionnel car elles sont mal perçues par les investisseurs et établissements prêteurs (sauf dans le cadre où une holding est constituée en amont et qu’elle s’est fortement endettée. La remontée de dividendes est indispensable et permet de financer les échéances de remboursement d’emprunt).

Identifier les ressources dans un plan de financement prévisionnel

Afin de financer les besoins identifiés dans la première partie, le porteur de projet va identifier des ressources adéquates : déblocage d’emprunts, apports en comptes courants, apports en capital et capacité d’autofinancement.

Les apports des associés

Les associés peuvent financer les besoins générés par leur projet de deux façons différentes :

  • en apportant des sommes d’argent au capital de leur entreprise

Ces sommes sont bloquées sur les comptes de la société et ne sont pas récupérables par les associés, sauf en cas de liquidation ou de réduction de capital social.

  • en apportant des sommes en comptes courants d’associés

Ce sont des comptes ouverts au nom des associés dans la comptabilité et sur lesquels les associés déposent temporairement des sommes afin d’améliorer la trésorerie de l’entreprise. Ce compte est remboursable à tout moment, sauf lorsque la banque exige un blocage des sommes y figurant.

Les emprunts auprès d’établissements de crédit

Les emprunts sollicités auprès des banques et des divers organismes compétents (prêt d’honneur, prêt à la création d’entreprise) constituent des ressources qu’il convient d’intégrer au plan de financement. C’est le montant nominal de l’emprunt débloqué qui doit être pris en compte.

La capacité d’autofinancement (CAF)

La capacité d’autofinancement est la dernière variable essentielle du plan de financement. Elle correspond aux flux générés par une entreprise dans le cadre de son activité (qui sont nécessairement positifs) et se défini comme la différence entre les produits encaissables et les charges décaissables. Il existe deux méthodes permettant de calculer la CAF. Voici la plus utilisée en pratique dans un business plan :

CAF = résultat de l’exercice + dotations aux amortissements prévisionnelles

Pour plus d’informations : calcul de la capacité d’autofinancement (CAF).

Calculer la variation de trésorerie

Il convient de soustraire aux ressources les besoins estimés sur la même période. On obtient ainsi la variation de trésorerie qui, additionnée au solde initial, contribue à former le solde de trésorerie final.

Variation de trésorerie = ressources – besoins

Exemple de plan de financement prévisionnel

Le plan de financement prévisionnel doit être présenté pour quatre périodes distinctes :

  • pour la période initiale (le plan de financement est « figé » au commencement c.-à-d. lors du lancement du projet),
  • et pour les périodes prévisionnelles ultérieures N+1, N+2 et N+3 (en général trois années).

Il prend généralement la forme d’une liste (lignes ventilées sur différentes colonnes représentatives des exercices comptables prévus). En voici un exemple :

exemple de plan de financement previsionnel

Autres tableaux du prévisionnel financier

Le plan de financement prévisionnel n’est pas le seul tableau important compris dans la partie financière du business plan. Il convient également de porter une attention particulière quant à l’élaboration du compte de résultat prévisionnel, du bilan prévisionnel et du budget de trésorerie.

Dans tous les cas, l’appui d’un professionnel sur la réalisation de votre plan de financement est fortement recommandé. A défaut, il est possible de faire son business plan à l’aide d’un logiciel spécialisé. Il conviendra toutefois de s’équiper du logiciel de business plan qui répond au mieux à ses besoins (pour connaître nos conseils en la matière : comment choisir son logiciel de business plan ?).

_~-*-~_

Découvrez notre livre sur le business plan et mettez toutes les chances de votre côté pour le réussir…

A propos de Thibaut Clermont

Thibaut Clermont
Thibaut CLERMONT, mémorialiste en expertise-comptable et webmaster de Compta-Facile, site d'information sur la comptabilité rattaché au réseau FCIC-MEDIA.

5 commentaires

  1. L’article est très intéressant, en effet, établir un plan de financement prévisionnel est un moyen d’anticiper la gestion de son entreprise. Étant un comptable on conseille toujours les clients c’est-à-dire les entreprises de procéder à cette méthode et d’y inclure évidemment un budget pour les activités imprévues.

  2. bonjour,
    lors d’une journée sur la création d’entreprise, l’animateur nous a informé que nous ne devions pas mettre dans notre plan de financement une subvention qui nous a été notifiée sous prétexte que la subvention est versée sur présentation de factures payées. Cela est-il normal ? Cordialement.

    • Thibaut Clermont

      Bonjour,
      Normalement, les subventions d’investissement doivent bien figurer dans le plan de financement prévisionnel :
      – la subvention acquise constitue une ressource devant figurer sur une ligne spéciale intitulée « Subventions d’investissement » du plan de financement prévisionnel
      – le bien acquis grâce à cette subvention constitue un emploi qui doit être classé selon sa nature en immobilisation incorporelle ou corporelle par exemple.
      Bonne journée. Cordialement, Thibaut CLERMONT.

      • Bonjour,
        merci, mais pourquoi un animateur demande de ne pas inclure dans le plan de financement une subvention d’investissement ? Doit-on considéré la subvention comme la cerise sur le gâteau on me l’a sorti de nouveau ce jour lors d’une réunion d’information à la CCI ? Cordialement.

        • Thibaut Clermont

          Bonjour,
          La remarque de votre CCI est incorrecte. Je vous confirme qu’il faut bien tenir compte d’une subvention d’investissement puisqu’elle constitue un financement à part entière. A défaut, votre plan de financement ne serait pas équilibré et cela se traduirait par des difficultés de trésorerie (et, autrement dit, votre business plan ne serait pas cohérent). Il ne s’agit pas d’une « cerise sur le gâteau » comme il pourrait s’agir de certains crédits d’impôts par exemple (et pour lesquels nous conseillons effectivement de ne pas tenir compte). Bonne journée. Cordialement, Thibaut CLERMONT.

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'une étoile *

*


*